Pour Charles Goldstein, témoigner auprès des jeunes passe par le lien entre art et histoire. À l'heure où les témoins directs s'éteignent et où le négationnisme comme l’intolérance resurgissent, il est indispensable de faire des jeunes générations les futurs gardiens de la mémoire collective.
La plateforme « Parcours Collégiens 77 » est un outil du Département de Seine-et-Marne destiné à recenser et faciliter l'accès à l'offre éducative territoriale. Elle permet aux enseignants d'inscrire leurs classes à des projets dans des domaines variés (culture, mémoire, sport…). Ce dispositif vise ainsi à enrichir le parcours d'apprentissage de tous les collégiens seine-et-marnais et propose, entre autres, des rencontres avec Charles Goldstein.
L’année écoulée a permis des rencontres avec près de 1300 élèves, majoritairement issus de la classe de 3e. Certains ont eu l’opportunité de découvrir des œuvres à l’occasion d’expositions organisées au Mée-sur-Seine et à Moissy-Cramayel.
Parcours citoyen - rencontre avec Charles Goldstein, rescapé de la Shoah
Nos élèves de 3ème ont eu le privilège de rencontrer monsieur Charles Goldstein, artiste peintre et témoin d'un XXe siècle marqué par les drames de l'histoire. Né en 1937 en Pologne, il connaît très tôt l'exil. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, ses parents trouvent refuge dans le sud de la France. Leur survie ne doit qu'au courage de paysans qui les ont cachés et qui, après-guerre, ont été reconnus "Justes parmi les nations". Sur une famille composée d'une centaine de personnes, 84 périrent, notamment dans le centre de mise à mort de Treblinka.
Dès l'adolescence, Charles Goldstein découvre dans la peinture un puissant moyen d'expression. Après la guerre d'Algérie, il reprend ses pinceaux. Il a alors 25 ans. Rapidement, il s'éloigne de la figuration : seule l'abstraction lui permet de traduire la force des émotions héritées de la guerre. Ses nombreux voyages, notamment en Inde, nourrissent également son inspiration. A quatorze ans, il s'engage dans la vie publique à Melun, où il contribue, en tant qu'adjoint à la culture, à la création de l'Espace Saint-Jean ainsi qu'à la médiathèque de l'Astrolabe.
Progressivement, la mémoire de ses proches disparus dans la Shoah s'impose dans son œuvre. Ses mots résonnent avec force :
"Chaque toile est une pierre tombale, pour ceux, tellement nombreux dans ma famille, qui n'en auront jamais."
Cette rencontre fut un moment riche et émouvant. Nos élèves ont pu découvrir le parcours d'un artiste engagé, dont le cheminement artistique témoigne de la capacité de l'art à porter la mémoire et à transmettre l'Histoire. Nous remercions chaleureusement Monsieur Goldstein d'avoir accepté de partager son expérience et sa réflexion avec eux et nous félicitons les élèves pour la qualité de leurs interventions.