Histoire

Charles Goldstein, un artiste à l'œuvre

Artiste prolifique à la technique accomplie, Charles Goldstein consacre son art depuis les trente dernières années à la perpétuation de la mémoire de la Shoah.

La famille Goldstein, de la Pologne à la France

 

 

Originaires d’une bourgade sise à l’Est de la Pologne, les parents de Charles Goldstein arrivent en France en 1930. Ils vivent ces premières années dans des conditions précaires, et accueillent rapidement leur premier enfant, Marcel, bien connu localement pour avoir, à l’âge adulte, fondé la maison médicale du Mée-sur-Seine, première maison médicale en France. Son frère cadet, Charles, voit le jour en décembre 1937.

Les années de guerre

L’Exode de juin 1940 jette des milliers de Français sur les routes. Parmi eux, la famille Goldstein, qui trouve refuge à Gramat, petite ville située dans le Lot qui offre aux réfugiés une vie d’apparence normale. Très tôt, Simon et son fils Marcel s’engagent dans la Résistance.

Le quotidien est brutalement rompu par l’arrivée de la division Das Reich, tristement célèbre pour son rôle à Tulle et Oradour-sur-Glane. Ce jour-là, 11 mai 1944, la ville est cernée et certains de ses habitants emmenés en déportation ; parmi eux, des oncles, tantes, cousins et cousines de la famille Goldstein.

Charles et sa mère, prévenus à temps par Marcel qui a vu arriver la division, trouvent provisoirement refuge dans une famille de paysans, les Castagné, avant que le jeune Charles, âgé de six ans, soit conduit, en compagnie de son cousin Pierre, 4 ans, au couvent de Luzech où il reste caché jusqu’à la fin de la guerre.

Après la guerre, les acteurs de ce sauvetage reçoivent le titre de Justes parmi les Nations.

Un citoyen au service du collectif

La fin de la guerre voit l’établissement de la famille Goldstein en Seine-et-Marne (Saint-Fargeau-Ponthierry puis Melun). Charles fait ses classes à l'école Pasteur puis au lycée Jacques Amyot. Actif dans de nombreuses associations culturelles et commerciales (il tient avec ses parents une boutique de prêt-à-porter), il est repéré par Marc Jacquet, nouveau Maire de Melun à partir de 1977, et entre dans la nouvelle équipe municipale. Au service de la culture à Melun, il développe pendant 31 ans des projets d’envergure comme L'Art dans la ville (des centaines d’œuvres d’arts visibles dans les services et commerces) et dote le chef-lieu seine-et-marnais des structures culturelles qui lui manquaient : l’Espace Saint-Jean, la médiathèque de l’Astrolabe ou encore l’Escale…

Peindre, la passion d’une vie

Un quotidien fébrile dans lequel il trouve, ou plutôt il prend le temps, souvent de nuit, de sacrifier à la passion de sa vie, la peinture. Un art qui évolue et reflète un cheminement personnel marqué en profondeur par les évènements du XXe siècle.

Ainsi, les premières œuvres, figuratives, laissent la place dès la fin de la guerre d’Algérie à l’abstraction, seule capable de rendre le ressenti de l’artiste, marqué à vie par ces évènements auxquels il a été contraint de prendre part.

Son mariage avec Clara Kramer et les voyages qui les portent autour du monde, mais surtout en Inde, lui ouvrent des perspectives plus heureuses, à l’origine de toiles aux tons chauds et joyeux.

Depuis une trentaine d’années, la commémoration des victimes de la Shoah s’impose comme unique source d’inspiration. Rescapé de la rafle perpétrée dans le Lot, il considère comme un devoir impérieux de rappeler la mémoire de ceux qui ont disparu : parmi eux, plus de 80 personnes liées à sa famille, déportées depuis Gramat ou, pour la grande majorité, depuis la bourgade d’origine de la famille, en Pologne.

Charles Goldstein. L'exigence d'un peintre et ses vies multiples

 

Michèle Fournier, touchée par les œuvres de Charles Goldstein lors de ses différents expositions, put échanger avec lui lors du confinement. Suite à l'envoi des photos de ses toiles, elle lui répondit en lui offrant plus de 70 "poèmes", dits "Mots en résonance", qu'elle écrivit en relation avec son ressenti.

Fasciné par son écriture, Charles Goldstein éprouva tout naturellement le désir de lui confier la rédaction de sa biographie.

L'écoute et la transcription, de "cœur à cœur", invitent au partage d'une vie passionnée et passionnante.

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